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La « Loi » du tout internet et ses conséquences pour les habitants ?

Le 28 mars 2018Une obligation pour les Centres Sociaux de répondre aux questions et aux craintes qu’ils expriment.

L’Etat en premier a commencé par nous demander de faire nos démarches fiscales par Internet. Où est la loi qui impose d’avoir un ordinateur et un abonnement chez un fournisseur (multimilliardaire) d’accès à internet ?

Maintenant les organismes de « service public » ou de service au  public par délégation (transports, énergie, santé……)  décident tous de « passer au numérique ». Exemple, ils envisagent de supprimer le ticket de métro. Le paiement serait effectué par « Smartphone ».

Quelle loi nous oblige à acquérir les Smartphones couteux et de payer un abonnement à un opérateur de téléphonie mobile ? La loi de l’utilité sociale ? De l’intérêt  général ? De l’efficacité et du profit ? Chacun y apportera sa réponse.

Grace  au travail effectué par Claire Denis dans le cadre de la « Mission Transversale InformaticiennePublic »  et les nombreuses permanences qu’elle a mis en place depuis
maintenant plus de six mois dans les Centres Sociaux  et les Espaces Sociaux Communs, nous apportent quelques pistes de réflexion.

En douceur, comme Claire sait si bien le faire, elle a accueilli sans rendez-vous ni « prescription » les habitantes et les habitants, de tout âge, confrontés à l’usage de ces outils que la loi du profit et de la « modernité » nous impose.

29% des demandes concernent l’utilisation de Smartphone et tablettes.

15%des demandes concernent la navigation sur internet (recherche ,sites web…).

14% sont venus pour créer ou accéder à leur boite mail.

9% pour l’utilisation d’un téléphone portable (envoyer ou recevoir un sms, répondre et appeler).

 

Malgré la diversité des demandes, ce que Claire constate c’est la forte sollicitation liée aux nouveaux outils numériques et plus particulièrement au Smartphone qui concentre à lui seul 25% des questionnements. L’utilisation d’un ordinateur ne représentant que 7% des sollicitations. Elle constate par ailleurs que 83% des personnes accueillies possèdent un outil numérique. 17% ne possèdent aucun outil  numérique ! Autre constat important , 57% des personnes rencontrées ont 60 ans et plus.

Le bilan des premiers mois de permanence est très riche et instructif. Nous qui avons des valeurs et des principes d’accueil de tous et de pouvoir d’agir des habitants, il nous est impossible de passer à côté des conséquences et dégâts que produit cette marche forcée vers le tout numérique et particulièrement de la « dématérialisation des démarches administratives ». Toutes  ces obligations (encadrées par aucune loi contraignante pour les administrations et services concerné) sont très anxiogènes pour bon nombre de personnes !

Le temps des alliances et des actions multi partenariales !

Comme le dit Claire dans son  premier bilan, il faut que tous les acteurs du champ social et
des services (bref de la relation humaine) travaillent de concert, et non chacun de son côté pour sa propre structure ou mission. Cela risque de complexifier encore plus la vie des personnes.
Depuis novembre, au Centre Social Carrefour 18 et Ty-Blosne, le PIMM’S tient une permanence d’écrivain numérique pour soutenir les habitants sur les démarches administratives en ligne. Elle est en complémentarité avec l’informaticienne public qui accompagne sur l’usage de l’outil, car le téléchargement d’applications sur Smartphone ettablettes peut faciliter ces démarches ; application ma CAF, Pôle Emploi,  banque, coffre-fort numérique… Tout est question d’accueil, d’écoute, de pédagogie et surement de changement de posture professionnelle. Nous devons tous quel que soit l’endroit où nous agissons, quel que soit la place que nous occupons dans notre association, être des « veilleurs de rupture ».

Les Centres Sociaux  réfléchissent avec les habitants à  un « bus numérique »pour aller encore plus vers les habitants, et particulièrement vers ceux qui ne viennent pas dans les équipements. Nous vous en dirons plus bientôt...

Jean-Luc Masson, Co-Président de l’ARCS.

Témoignages des permanences de l’informaticienne public.

«  La permanence, cela dépanne ! »
Une habitante des Champs Manceaux

« C’est un moment de partage autour d’une application »
Claudine

«  Claire m’a rendu un grand service, elle m’a ouvert vers le monde de l’informatique !
L’accueil est important. Dès que l’on se sent à l’aise, on peut s’exprimer librement. »
Saïd