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Entretien du 23 février avec Nathalie Appéré – Ville de Rennes

Le 24 mars 2010

Quelle est votre perception de la démarche projet des Centres Sociaux, quels sont ses points forts, ses limites ?

Je suis positivement impressionnée par la vitalité associative de l'ARCS.

Toute la démarche d'élaboration de projets est remarquable, à la fois dans la complémentarité entre professionnels et bénévoles, et dans la manière de poser un diagnostic avec les habitants sur ce que sont les besoins, les attentes, les points forts, les axes d'amélioration de l'action sur les quartiers.

Selon moi, ce n'est pas uniquement un projet que l'on pose mais aussi une méthode qui permet un suivi, une adaptation en continu, qui permet d'avoir un document de références commun.

La question d'élaboration des projets est symbolique du fonctionnement de l'Association, et de la manière dont les habitants s'impliquent. Cette vitalité associative me semble d'autant plus intéressante que l'on a des profils très différents dans l'Association avec à la fois des personnes qui ont un parcours associatif ancien avec des expériences humaines antérieures et d'autres qui découvrent le fonctionnement.

Il y a une grande complémentarité qui s'opère, un esprit d'équipe entre les bénévoles eux-mêmes et entre les bénévoles et les professionnels. C'est un point très fort de la vie de l'ARCS.

Un point de vigilance : parfois l'ARCS me fait penser à une association « Adulescente » avec, à la fois des grands éléments de maturité dans la vie de l'Association, dans la perception de la réalité des quartiers, dans l'adaptation des projets et un côté plus adolescent car elle connaît une croissance extrêmement rapide qui parfois peut être un point de fragilisation.

A se développer beaucoup, on répond à des besoins mais dans un contexte financier difficile c'est le risque de la fragilisation. Il faut être conscient qu'il y a un arbitrage permanent à faire entre le développement en fonction des besoins et le développement en fonction des réalités financières et des possibilités.

Comment percevez-vous la place et le rôle d'un Centre Social sur un territoire prioritaire ?


La situation sociale est particulière. La crise sociale est une réalité vécue par de nombreux habitants sur les quartiers et notamment avec la question de la progression du chômage et des effets en cascade que cela peut avoir sur le bien-être des personnes et leurs conditions de vie. C'est un élément extrêmement important.
Le Centre Social est un lieu pour se ressourcer, un lieu de convivialité où l'on peut souffler, rencontrer d'autres habitants du quartier avec des difficultés identiques ou au contraire d'autres plus assurés. Et c'est cette « mayonnaise » qui fait la qualité du vivre ensemble, des rencontres, des relations, le fait de partager des moments de culture avec le dispositif Sortir par exemple.
Ce sont des choses très importantes quand on sait que la difficulté économique peut produire aussi de l'isolement social. Trouver des lieux pour partager et vivre ensemble est essentiel et les Centres Sociaux jouent un rôle primordial de ce point de vue là.

Les Centres Sociaux permettent aux habitants de prendre conscience de leurs propres richesses de leurs savoir-faire et d'en conquérir de nouveau dans une dynamique d'insertion sociale et professionnelle. Il faut signaler l'importance de la dimension formation pour les bénévoles qui donne des compétences associatives mais qui peuvent aussi être transférées dans d'autres domaines.

Le Centre Social est un lieu de prise de conscience de la richesse de chacun, un lieu de reconnaissance et d'approfondissement de ses propres compétences, savoir-faire, savoir-être et savoir vivre ensemble en société. Les activités des ateliers, du travail sur la parentalité, sur l'alphabétisation, sur l'éducation budgétaire sociale et familiale sont très importantes. Je vois bien le rôle des Centres Sociaux globalement dans toute la dynamique de l'action sociale et la place dans les Espaces sociaux communs avec le lien qui se fait entre l'animation sociale et collective dans les Centres Sociaux et l'accompagnement individuel qui se développe chez les partenaires comme le CCAS ; le CDAS ou la mission locale.

On voit bien qu'il y a là un tout, que chacun à un rôle différent, des compétences et savoir-faire différents mais qui sont très complémentaires, au service de la personne et la famille dans son ensemble.

En, terme de prospective, comment percevez-vous l'évolution d'une association comme l'ARCS ? Quelle place peut-elle occuper avec ses spécificités, ses particularités, ses complémentarités ?

L'évolution passe par l'appréhension des territoires. L'entrée dans l'ESC des Champs Manceaux pour moi, est une étape importante à la fois à l'échelle du quartier et pour réaffirmer le projet d'ESC. On a des attentes très fortes sur la façon dont l'ESC peut être le lieu fédérateur de la vie sociale sur le quartier. Je crois vraiment à l'action du Centre Social des Champs Manceaux pour fédérer l'ensemble des partenaires et pour faire partager le projet de l'ESC avec tous les habitants, en faire un lieu de convivialité, un lieu repère sur le quartier pour l'action sociale.

Du point de vue des territoires, il y a l'action de diagnostic ou recherche-action sur le Centre Ville qui est aussi un élément à suivre. Il y a une population potentiellement fragile aussi sur le Centre ville, des bénéficiaires des minimas sociaux, des personnes très isolées dans des petits logements. Il faut être très attentif aux situations de fragilité sur ce territoire. Je crois que c'est cette manière de questionner en permanence, de regarder les évolutions sociales, les besoins qui doit être la marque de fabrique de l'ARCS. Je pense qu'il faut qu'il y ait en permanence cette méthode de partage, de diagnostic avec les habitants d'échange avec l'ensemble des partenaires pour affiner les actions des Centres Sociaux.

En termes de répartition géographique et de maillage, nous avons une organisation qui me paraît tout à fait satisfaisante. Par contre, le travail hors les murs sur des îlots plus particuliers, des publics plus spécifiques, doit permettre de combiner l'assise territoriale des Centres Sociaux et un travail un peu plus en profondeur. L'action hors les murs est une logique qui va se développer considérablement et on ne pourra plus attendre que les gens franchissent la porte du Centre Social. Il faudra aller les chercher beaucoup plus avec des techniques de mise en relations qui seront également à développer.

Quelle place ont les Centres Sociaux dans le développement des nouveaux territoires ?


Des transformations urbaines s'opèrent. A Rennes, il y a une volonté de mixité dans les quartiers très présente dans le programme local de l'habitat avec une diversification des types d'habitats et des personnes qui composent les quartiers.

Cependant, il y a des points de fragilité qui restent concentrés dans les quartiers, dans les zones urbaines sensibles. Tout ce travail d'information, de sensibilisation, d'aller au devant, de créer des animations au cœur d'îlots, de bas d'immeuble pour faire venir de nouvelles personnes, pour entrer en contact avec les gens me paraît tout à fait essentiel et c'est le cœur de l'action sociale et de développement social de demain.

 

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